L’usine SEAT de Martorell fête son anniversaire

De quelle manière la production automobile a-t-elle évolué au cours des 25 dernières années ?

Martorell,  03 avril 2018

  • Deux employés évoquent les changements les plus significatifs qui ont eu lieu dans l'usine de SEAT à Martorell à l'occasion de son 25ème anniversaire.
  • Les progrès réalisés pour le confort des ouvriers et la présence de robots affectés aux tâches les plus pénibles ne sont que quelques-unes des avancées vers l’Industrie 4.0.
  • Le temps de production d'une nouvelle voiture est passé de 60 heures à 16 heures aujourd'hui.
  • L'usine Martorell s’est développée : sa superficie équivaut à 400 terrains de football.
  • Au cours des 25 dernières années, près de 10 millions de voitures sont sorties des chaînes de production.

- Une usine géante qui ressemblait à un laboratoire : « On m’a donné une combinaison couleur brique que plus personne ne porte aujourd’hui et je suis entré dans l’atelier de carrosserie avec un profond respect. Tout était si propre que j'ai cru que j'étais dans un laboratoire », se souvient Juan Pérez. Victor Manuel, qui avait 20 ans lorsqu'il a commencé à travailler dans l'atelier de montage 8, n'oubliera jamais son premier regard sur l'usine : « Je pensais qu'elle était énorme et elle était remplie de lumière. Les voitures montaient et descendaient via des ascenseurs. Je n'avais jamais rien vu de tel », se souvient-il. Bien que l'usine de Martorell ait commencé ses activités avec 404 000 m², sa superficie s'est étendue au fil des années, jusqu’à un total de 2 800 000 m² ce qui équivaut à 400 terrains de football.

- J’ai participé à la fabrication de ma première voiture : Martorell a ouvert en 1993 avec la deuxième génération de l’Ibiza et de la Cordoba, deux modèles que Victor Manuel et Juan Pérez ont aidé à fabriquer et par lesquels ils ont été immédiatement attirés : « Je me souviens très bien de la SEAT Cordoba. C'était ma première voiture. J'ai travaillé dessus tous les jours et j'en suis tout de suite tombé amoureux », dit Víctor Manuel. Pour Juan, « cette Ibiza bleu marine est devenue ma compagne d'aventure. Je venais d'obtenir mon permis de conduire. Elle aura toujours une place spéciale dans mon coeur ». Au cours des 25 dernières années d'exploitation de Martorell, 39 modèles différents ont été fabriqués et certains d'entre eux, comme l'Ibiza, en sont maintenant à leur cinquième génération.

- Quand les ouvriers marchaient 10 kilomètres par jour : Cette usine était comme un labyrinthe pour les ouvriers : « Quand il était temps de rentrer chez moi, je n'arrivais pas à trouver le vestiaire. C'était très facile de se perdre », se souvient Juan Pérez. « Nous pouvions marcher jusqu'à 10 kilomètres par jour dans ce labyrinthe, beaucoup plus qu’aujourd’hui », compare Víctor Manuel. De nos jours, 125 véhicules autoguidés (les AVG) suivent des pistes invisibles dans toute l’usine et aident les employés en transportant 23 800 pièces par jour jusqu'à la ligne de production.

- Robots et employés, des partenaires qui travaillent main dans la main : En 1993, l'usine de Martorell comptait 6 000 travailleurs, un chiffre qui a doublé aujourd'hui. Les 12 000 employés actuels partagent les ateliers avec plus de 2 000 robots qui s'occupent de l'assemblage de la structure des voitures et qui représentent environ 10% de tous les robots industriels en Espagne. « A l'époque, il fallait deux personnes pour installer manuellement les pare-brises dans les voitures. Ils étaient très encombrants et lourds. Aujourd'hui, c'est une opération qui est réalisée par un robot et nous pouvons nous concentrer sur des tâches plus faciles », explique Juan Pérez.

- D’un tabouret lourd à une chaise ergonomique : 25 ans plus tard, l’amélioration du confort des employés est un développement majeur. L'un des changements que Victor Manuel Díaz décrit : « Autrefois, il fallait placer un tabouret lourd à l'intérieur de la voiture pour s'asseoir pendant l'assemblage des éléments intérieurs, ce qui n’était pas pratique pour les ouvriers ». Aujourd'hui, ils utilisent des chaises ergonomiques appelées « Raku Raku », qui facilitent le travail des ouvriers lorsqu’ils se glissent dans la voiture pour s’assoir tout en ayant tous les matériaux nécessaires à portée de main.

- De 60 heures à 16 heures pour produire une nouvelle voiture : 84 robots appliquent de fines couches de peinture dans une cabine et un scanner de dernière génération inspecte l’homogénéité de la surface en seulement 43 secondes. Aujourd’hui, la production numérisée et connectée permet de construire 2 300 voitures par jour, contre 1 500 voitures il y a 25 ans. Un nouveau véhicule sort de l'usine toutes les 40 secondes. La réalité virtuelle, l'impression 3D et la réalité augmentée sont d'autres percées qui ont émergé avec l'arrivée de l’Industrie 4.0.

- L’usine, ma maison loin de chez moi : En un quart de siècle, près de 10 millions de voitures ont été fabriquées à l'usine de Martorell et exportés dans 80 pays. C'est ainsi que Juan Pérez décrit les 25 dernières années : « Là où il y avait des parcelles vides, il y a maintenant un parc logistique avec plusieurs entreprises et même un aménagement urbain. Je n'aurais jamais imaginé qu'aujourd'hui nous aurions 10,5 kms de voies ferrées et 51 lignes d'autobus. J'ai passé la plus grande partie de ma vie d'adulte dans cette usine ; c’est là que j'ai rencontré ma femme et que je me suis fait de très bons amis. C'est ma deuxième maison », conclut Juan Pérez, visiblement ému.